Bien que philémon Baudet soit en permanence dans un restaurant à ciel ouvert en
parcourant ces chemins, il fallait s'organiser efficacement pour construire les menus des " deux pattes ", affamées par ces kilomètres avalés, sans tomber dans une mal bouffe industrielle, et
nourrissante de surcroît. Nous n'avions pas de ravitaillement possible avant trois jours, soit 6 repas qui se devaient de tenir dans une glacière sans glace, sous certaines journées de 7h de
marche par 30°.
Pour ceux qui se poserait encore des questions, il vous faudra cuisiner, plutôt des
produits de qualité (donc qui durent) et dont une quantité raisonnable suffira à vous substanter des calories dépensés.
Au menu (une salade centrale pour chaque repas)
:
- Salade de pommes de terre nouvelles (du pays), oignons doux des cévennes, tomates
cerises, coeurs de palmier, blancs de poulet fermier dorés à l'huile d'olive (Rouge Olive, bien sûr), Thym.
- Salade de riz camarguais "al dente", oignons doux des cévennes, re tomates cerises,
coeurs de palmiers, sot l'y laisse de dinde fermière poëlés, thym etc.
- Salade de riz et pois chiches de Carlencas (35mn après un bain de 24h), re oignons
etc...
- Salade de lentilles vertes du Puy en Velay, re méli mélo de couleurs et de
saveurs.
en option : oeufs frais ( bio ou de poules sur patte dans l'herbe) mollets
7mn.
Fromages affinés (patte dure AOC de type Tome, Cantal etc. ), meilleurs pour
la conservation
Compotes, l'idéal restant les fruits malheureusement difficiles à conserver sous la
chaleur.
Bien sûr, ne jamais oublier l'indispensable, un sel mélangé (plus goûteux), une huile
d'olive parfumée et un vinaigre à tomber (on recommande tout particulièrement "La Guinelle", un breuvage acidulé de Banyuls élevé par une passionnée, Nathalie
Herre).
bref, si vous savez manger, vous saurez
marcher.
Une petite fleur pour la pause
:

Nous arrivons sur le chemin de contour du lac des Olivettes, dont le barrage fût
construit au début des années 90. Les monts alentours plongeant abruptement dans le lac, la visibilité sur l'ensemble est nulle, bloquée par une densité d'arbres ou la vie a cessé d'exister au
ras du sol.
Proche de midi, nous marquons une halte sur le village de Vailhan, au sud du barrage
des Olivettes, perché sur une corniche et toujours aussi vide d'une perspective d'échanges sociaux (No épicerie, No café). Mais la surprise était au bout du village, l'Auberge du Presbytère, une
tablée d'authenticité (le cadre) et de terroir (l'assiette).
Hormis une décoration intérieure éloignée de l'intérêt patrimonial du presbytère, le
randonneur épicurien fera pitance devant une telle envolée de fraîcheur, d'éco-gastronomie, de saisonnalité des produits, le tout pour une somme aussi accessible que
raisonnable.
Prenez le menu complet, sur la carte plus poètique que compréhensible, et laissez
vous porter par cet éveil des papilles d'une cuisine charmeuse et si précieuse.
L'Auberge du presbytère / barrage des olivettes à Vailhan (34) - Tél : 04
67 24 76 49
www.hauts-cantons.com/vailhan/auberge
Une bonne sieste après cela, et nous voilà repartis sur la route du lac, une chaussée
monotone trop éloignée de l'intérêt d'en finir le tour...
La route du lac, d'une longueur
monotone...
Dans l'impossibilité de bivouaquer sur les abords du lac, nous décrochons de notre
itinéraire initial pour gravir un chemin de garrigue nous élevant au sommet de la Tour, un des monts dominant du bassin. Là, au virage d'un chemin enherbé, nous posons sacs et bât, Philémon à son
arbre d'une nuit.
Philémon Baudet au bivouac de la Tour
Samedi 10 Mai 2008 - Sommet de la Tour - Villeneuvette
- 17 km
par le pic du Vissou (480m)
Cette troisième étape
nous ouvre le champ de graver une nouvelle hauteur de la région : Le pic de Vissou, la dent rocheuse de Cabrières, au relief similaire au pic Saint Loup, également dans l'Hérault. Après avoir
traversé les sentiers et chemins entre monts des garrigues et forestiers, nous nous présentons au pied du Vissounet, cadet du pic, et entamons "l'escalade" du sentier, accompagnés de l'inquiétude
d'adapter la foulé du baudet sur ce chemin de crête.
Non sans mal, Philémon
monte ses 190m de dénivelé sur une distance de 700m, la sédentarisation de l'hiver pesant à chaque sabot posé un peu plus
haut.
Le temps est revenu au
beau fixe, une chaleur oppressante enveloppe l'ascension montagneuse.
C'était bien une
molaire que nous étions en train de gravir, la véritable canine se dévoila dès le sommet passé.
Au sommet du pic du Vissounet (388m), le pic du Vissou à l'arrière (480m)
Mais l'effort sert le réconfort, et c'est une très belle piste que nous découvrons sur ce premier sommet dominant toute la vallée viticole
de Cabrières. Nous croisons un berger, étonné des aptitudes montagneuses de Philémon à grimper sur un sentier si abrupt, une prouesse rendue possible en raison de l'expérience acquise par Mr
baudet durant ses précédents voyages.
Arrivée au pied du pic du Vissou
Nous faisons halte sur le terrain d'envol d'aéromodélisme, un piste similaire aux
surfaces engazonnées de golf, une terrasse idéale pour un instant contemplatif d'une pause déjeuner. A titre d'échange et de remerciement, Philémon Baudet s'entreprend à tondre ce dôme perché,
certifié d'un savoir faire écologique et durable.
Philémon Baudet, un acte écologique pour un développement durable
Au sommet du pic du vissou, de la tour de guet (480m)
Le pic du Visssounet, 100m plus bas, vu du pic du
Vissou
C'est par le sentier Est de cette dent occitane (le pic) que mille fleurs dessinent les affres du printemps, créant une ponctuation durant la descente vers le
village de Villeneuvette.
Philémon Baudet ne pouvait ignorer les charmes des bords de son chemin.
Nous remercions tout particulièrement Dame Nature de nous donner, encore, cette marque de fabrique, une beauté si complexe, sans additif, ni colorant. La nécessité de consulter
l'expert de la faune et flore méditérannéennes, Philippe Martin, permettra d'ajouter prochainement les légendes de ces belles "pensées" dans l'album dédié à cet effet.
Notre chemin se termine par le bois de Roubenède, une autre force de la nature, peu avant notre arrivée sur Villeneuvette.
Le bois de Roubenède, ou la forêt domaniale de Clermont l'Hérault
Escale du soir sur l'ancienne manufacture royale de Villeneuvette, un des plus beau village de
l'Hérault, ancienne ruche industrieuse de draps et de laines. La Manufacture fut construite sous Colbert au XVIIème siècle et marqua, durant des décennies, la fortune de cette province. Fragmenté
en co-propriétés après sa fermeture en 1954, le village fait l'objet d'études de restauration.
Chambre d'hôte chez Anna Lindahl, la gentillesse incarnée du village, à la maison si
accueillante.
Anna Lindahl - tél: 04 67 96 96 67 ; anna.samson@aliceadsl.fr
La ruelle principale de
Villeneuvette
L'escale convient particulièrement à Philémon Baudet, jouissant d'un pré verdoyant à proximité des
anciens jardins ouvriers réhabilités par les habitants du village.
Dimanche 11 Mai 2008 : Villeneuvette - Les vailhès - 20 km
Philémon Baudet connaît particulièrement cette étape, pratiquée pour chaque franchissement de la
montagne de Liausson. La nouveauté réside sur la passage Est de la montagne, un sentier plutôt technique pour quatre sabots, mais digne d'intérêt géologique et floristique. Nous entrons dans le
domaine du cirque dolomitique de Mourèze, une fabuleuse curiosité de la région, aux paysages ruiniformes. Malgré une mauvaise lumière, le détail du sol sablonneux créé le sentiment d'un monde à
part.
Les jardins sauvages du cirque de Mourèze
Philémon Baudet ne manquera pas de revenir
sur ces richesses géologiques pour vous faire part de la beauté de cette partie du monde.
vue du sentier Est de la montagne de liausson,
le Mont Auverne au loin, plongeant dans le lac du Salagou
C'est sur ce sentier de crête que se
termine ce petit voyage en attendant le prochain périple de Philémon Baudet jusqu'aux vagues atlantiques des plages Landaises.