GR70 - Le Chemin de Stevenson
Le Monastier - St Jean du gard - 192 km
C'est un des plus beau chemin de France qui fut tracé en 1878 par l'écossais Robert Louis Stevenson, connu comme
l'écrivain de l'île au trésor, qu'il écrivit sept ans plus tard. Attiré par les Cévennes, il décida de relier Monastier à St jean du Gard en douze jours. C'est après avoir acquis les droits de
propriété d'une ânesse récalcitrante, Modestine, qu'il entreprit ce voyage le 22 septembre 1878.
Encore aujourd'hui, l'entretien exemplaire de ce chemin en fait une des plus belles randonnées du sud de la France.

Voir TopoGuides GR70 et www.ffrandonnée.fr
Une citation de Robert Louis Stevenson donne toute la dimension d'un projet comme celui de Philémon Baudet
"J'avais cherché l'aventure toute ma vie, une aventure pure et sans passion, comme il en advenait aux voyageurs héroïques des premiers temps; Et se trouver ainsi, au matin, dans un coin perdu
et boisé de Gévaudan, désorienté, aussi étranger à ce qui m'entourait que le premier homme abandonné dans les terres, c'était voir, comblé, une partie de mes rêves éveillés".
Jour 8 : Bouchet St Nicolas - Pradelles - 1150m
Samedi 28 Juillet 2007 - 19,5 km
Armé d'un nouveau baudet aux sabots cliquetants, nous reprenons route sur ces grandes plaines de l'autre Auvergne, en direction
de Landos pour atteindre Pradelles, notre prochaine escale. Un ciel changeant et menaçant nous révèle la beauté des étendues agricoles que traverse notre chemin.
Le GR70 entre le Bouchet st Nicolas et Landos
Le viaduc d'Arquejol, entre Landos et Pradelles.
L'arrivée chaotique dans la dernière descente sur Pradelles, par le GR70.
Nous arrivons sur l'ancien bourg fortifié de Pradelles, "petite capitale des montagnes" , malheureusement pas épargnée de la traversée en son centre d'un des axes de
vacanciers pour le grand sud, La N 88.
Par ailleurs, le GR70 empruntant cette nationale, le temps de rejoindre le centre du village se transforme en parcours du combattant, avec les caravanes et les camions vous dépassant au ras des
croupières.
Illustration du parking d'attente le temps de régler notre accueil en gîte...
Escale en Yourte, modèle réduit, sympathique s'il ne pleut pas.
Mr Romand : 04 66 69 49 35 ou 06 81 60 76 58
pré pour Philémon Baudet.
Pour les randonneurs, préférez le gîte d'étape, au centre du bourg, géré par la même personne.
cuisine en plein air, sinon, le petit restaurant/hôtel en remontant sur la N88 à gauche possède une très bonne table.
Une des
nombreuse façade de ce si beau village, réduite au silence
Jour 9 : Pradelles - cheylard l'Evêque - 1125 m
Dimanche 29 Juillet 2007 - 21,5 km
Une belle journée s'installe, illustrant notre route pour notre entrée en Gévaudan par la traversée de Langogne, le
pays de "la bête férosse" (sic), qui terrorisa ces campagnes au XVIIIème siècle. Le paysage se mue en nous ouvrant des chemins de couleurs qui balaient toutes notions de temps et de fatigue. Le
plaisir d'avancer tranquillement en écoutant le silence et se réchauffant d'un trait de lumière d'un soleil de 1000 m.
Le Chemin de Philémon Baudet devient notre hâvre de paix...
Le GR70 entre Langogne et St Flour de Mercoire
un peu plus loin, encadré d'une écharpe de couleurs
La partie du GR70 entre Langogne et Cheylard l'Evêque est une des plus belle de notre randonnée. Sans point de vue particulier, le chemin se change d'un
mont à un autre, la végétation s'ébroue au succession des reliefs, la société devait être en paix par ici.
Arrivée pour notre escale à Cheylard l'Evêque au "Refuge du Moure", une étape très prisée par les randonneurs, même à quatre roues. La table d'hôte est très courue, le chef étant retraité
des étoiles.
demi pension obligatoire (on ne le regrette pas), petit déjeuner gastronomique
gîte d'étape (il faut arriver tôt pour dormir à côté de sa muse) et chambres d'hôtes.
La douche (à jets) est un délice de détente
Philémon Baudet se guirlande dans un pré anarchique,
Bref, le bonheur....
Mr Simonet: 04 66 69 03 21
Attention, pas de commerce, ni autre alternative de couchage
Au départ de Cheylard L'Evêque
(au loin, la chapelle dominant le bourg)
Jour 10 : Cheylard l'Evêque - Notre Dame des Neiges - 1081m
Lundi 30 Juillet 2007 - 25 km
Par une pluie fine et pénétrante, nous quittons ce petit bourg reposant pour gravir les monts de la forêt domaniale de La Gardille. Là encore, le chemin se pâme de
reliefs végétalisés digne d'un éco-musée. C'est dans ces petits moments de contemplation qu'on ressent le besoin de partager ses visions que nécessitent tant de kilomètres à parcourir.
démonstration:
Un camaïeu de champs, suivant notre chemin
bordant la forêt domaniale de La gardille
quelques centaines de mètres plus loin....
Et qu'une trouée de lumière apparaît pour christaliser
ces fleurs des champs.
pour finir par une ébauche du peintre
avant de redescandre sur le chateau du Luc
Il n'a suffit que d'une heure pour rassembler ces tableaux paysagers, on ne pouvait qu'imaginer la richesse de notre projet durant ces trois semaines.
Après le Luc, le transit dans le village monotone de Laveyrune s'illustrait par une image candide de nos vacances :
La colonie de vacances de St Barbe à
Laveyrune.
A Rogleton, on évitera un chemin boueux et étroit pour le Baudet qui prend un raccourci pour rejoindre le GR de Pays "Tour de la montagne ardéchoise". D'ailleurs il
est clairement indiqué par un cabanon qui recueille les témoignages des randonneurs, mais dans le mauvais sens.
Une très jolie promenade s'offrait à nous en empruntant une variante pour rejoindre l'abbaye de Notre Dame des Neiges. Nous n'avions pas prévu qu'après 3 km, plusieurs troncs barreraient notre
route mais surtout celle de Philémon baudet.
Comment franchir un arbre centenaire, au tronc d'un mètre de diamètre, pour quatre pattes?
Après un bref moment d'immobilité devant ce géant, Mr baudet surprit son monde en réalisant ce que nous n'aurions jamais espéré : Et d'une, et de deux, et de trois, et de quatre pattes.
La surprise fût telle, que nous repartîmes sans mot ajouté, mais avec la fierté d'avoir comme ami de marche, Philémon Baudet.
Un peu perdus dans les méandres des chemins forestiers de Laveyrune, nous trouvions enfin cette trappe des moines du silence, Notre Dame des Neiges.
Peu de chances de pouvoir assouvir cette curiosité de louer "une cellule" ; Elles sont prises d'assaut et apparemment réservées en priorité aux pèlerins. Nous
sommes toutefois invités par le moine "hôtelier" à bivouaquer sur un terrain en retrait.
Un café/épicerie est ouvert au sein de la trappe, présentant essentiellement des denrées de spécialités manufacturées par les moines ( vins, bières, viandes, bibelots).
Inventaire à Notre Dame des neiges
Jour 11 : Notre Dame Des Neiges - Mirandol - 1160m
Mardi 31 Juillet 2007 - 20 km
Peut être est-ce l'environnement clérical, mais notre départ ce matin là est enveloppé de silence et d'images inspirantes. Nous repartons par le GR7 pour
rejoindre notre route de Stevenson à La Bastide Puylaurent. Carrefour d'un tourisme passant, nous avons la possibilité de refaire quelques provisions pour les prochains jours.
Voici ce beau début de journée sur le GR7 :
Les bêtes à cornes de Notre Dame des Neiges
Un arbre témoin de la rudesse hivernale
Le départ de La bastide Puylaurent par le GR70 nous fait grimper sur un causse au profil méditerranéen, un changement de paysages qui nous indique notre avancée.
GR70, sur le causse après La Bastide Puylaurent
Nous rejoignons Chasseradès puis Mirandol dont la colonne vertébrale est tracée par un viaduc, plus grand ouvrage d'art sur la voie ferroviaire Mendes-La
bastide. Il culmine à 1215m d'altitude, presque un record, battu par le Transpyrénéen. Le bourg paraît être une maquette d'enfant, notre gîte d'étape s'appuie au pied du viaduc de mirandol.
L'arrivée sur Mirandol
Gîte très agréable, demi pension possible sur l'Hôtel de Chasseradès ( Bonne cuisine d'après nos voisins), pré pour Mr Baudet, Epicerie un peu légère sur
Chasseradès.
Mr et Mdme Chaptal : 04 66 46 01 14
Jour 12 : Mirandol - Bonnetes (Bleymard) - 1237m
Mercredi 1er Août 2007 - 15km
Avant dernière étape avant notre ascension du Mont Lozère, notre échauffement passe par la montagne du Goulet, histoire de ne pas faire retomber les acquis durant ces
deux semaines. Là, nous traversons la forêt du même nom par des chemins forestiers abrupts pour rejoindre son point culminant, à 1382m d'altitude.
Derrière, nous commençons à voir au loin le mur que nous devrons franchir le lendemain. Sa masse est telle, que le Mont Lozère nous paraît à la fois loin (sur la carte) et proche par sa robe
enveloppant tout notre horizon, son sommet coiffé d'une calvitie naturelle.
Aux Alpiers, nous quittons à nouveau le GR70 pour rejoindre notre escale aux Bonnetes, à 4 kms du Bleymard.
Sur le chemin des bonnetes
Gîte d'étape et chambres d'hôtes (L'escoutal) qui tient entièrement sur la personnalité de Nathalie Bocqué, et sur une cuisine
d'hôte particulièrement familiale. Le site est magnifique, le pré partagé avec Lavande.
Nathalie Bocqué : 04 66 48 64 08 et 06 78 27 12 97
Epicerie au village du Bleymard (pour le lendemain), excellente boulangerie dans la rue Principale du village.
Timide Melle Lavande
Jour 13 : Bonnetes - Pont de Mauvert - 875m
Jeudi 2 Août 2007 - 22 km
"Je pris possession, en mon nom, d'une nouvelle partie du monde. Car voici que s'offraient à moi une échappée sur l'air brumeux du ciel et un labyrinthe de
collines bleues à nos pieds."
Journal de route des Cévennes de R.L. Stevenson lors de son arrivée sur le point culminant du Mont Lozère.
C'est par une journée de brume que nous entamons notre ascension sur ce mythique mont des Cévennes avec ses 630m de dénivelés. Chaque pas posé sur ce chemin nous emmène sur le toit de
notre monde, l'ultime porte qui nous sépare du grand sud, d'une autre nature, d'une chaleur plus incisive.
Sur le chemin de l'ascension vers 1350m
Le Chemin est régulier, la montée moins aïgue que nous ne le pensions. Arrivée au "chalet", une station de ski, nous bifurquons sur une draille
longée de Montjoies, des pierres plantées sculptées d'une croix de l'ordre des hospitaliers. Elles indiquent le chemin de crête et les frontières des anciens biens de la commanderie remontant à
l'an 1166.
Broutage au pied de 1000 ans
Nous espérions une acalmie, le ciel se trouant pour apercevoir un des côtés du sommet et l'alignement des Montjoies sur le versant Est
du mont Lozère. Mais un nuage épais et froid nous enveloppa à nouveau en retenant toute notre visibilité, les trois randonneurs, à quelques mètres de nous, disparaissant à
jamais.
Quittant le sentier planté, c'est à l'aveugle que nous tentons de repérer le chemin de liaison vers le sommet de Finiels. Le doute s'installe et nous nous
retrouvons dans un abri de berger ruineux avec plusieurs randonneurs perdus à confronter leurs différentes cartes. Impossible de trouver le chemin, les marquages habituels sont invisibles, les
traces au sol sont inexistantes.
L'inquiétude s'installe au bout d'une demi heure de confrontations, de discussions, de suppositions. La boussole nous indique une direction qui paraît se démentir
par la tentative d'un des randonneurs. Mais voilà qu'un bon esprit souffle sur cette purée de pois pour nous montrer la voie. A 90° de l'indication du sud de notre boussole, un chemin réapparaît
quelques mètres plus loin.
Le mont Finiels est à notre portée...
Le dôme du mont Lozère
Sommet de Finiels / Mont Lozère 1699m.
C'est toujours un étrange sentiment que d'arriver en haut d'un sommet, le plus haut qui vous entoure, que ce soit en haute montagne ou
par ici, vous ne pouvez monter plus haut que ce point ou vous vous trouvez. Vous dominez la terre qui vous porte, celle que vous avez franchi pendant des heures, celle que vous marchez pendant
des semaines. Votre passage sur ce sommet sera gravé à jamais dans votre mémoire.
Le ciel s'éclaircit à la mesure de notre descente, la brume s'estompe pour laisser apparaître au loin le formidable entablement des
crêtes d'autres montagnes à gravir. Nous suivons une draille qui nous emmène sur un chemin trop abrupt pour ne pas prendre de risques inutiles pour Mr Baudet chargé.
Nous conseillons de prendre un sentier plus à gauche en bordure de crête pour rejoindre le passage du GR7 et reprendre la route
forestière Nègre jusqu'à l'abri forestier ci dessous.
L'abri forestier au bord de la route forestière
Nègre
La suite de notre descente sur Pont de Montvert est en images, marquées des arrêts contemplatifs du Baudet randonneur.
Descente vers le village de Finiels GR70
Un peu plus bas "le labyrinthe des collines bleues" de R.L
Stevenson.
La Fageolle et le roc de Montal
Et rester une curiosité pour les autres...
Après une belle descente de 825m vers Pont de Montvert, nous faisons halte dans une énormité architecturale, une sorte de blocaus dadaiste qui sert de gîte communal,
dont la seule marque au mémorandum de Stevenson est d'avoir érigé ce bâtiment sur son chemin (en voie souterraine aujourd'hui). L'accueil est toutefois avenant et dépasse rapidement cette erreur
d'un conseil municipal plus ancien.
Nous recommandons "le petit hôtel des Cévennes" à côté du pont de la tour de Montvert qui gère aussi le terrain d'accueil pour Philémon Baudet. Pont de Montvert ne manque pas de petites tables à
tester, un jour de repos nous le permettra.
Pont De Montvert, le pays camisard (Le Mont Lozère au
loin)
Jour 14 : Pont De Montvert - 875 m
Vendredi 3 août 2007 - Repos
La béatitude du randonneur cloué sur le siège d'une terrasse de café en plein soleil est indescriptible. Une sorte de
vertige et de plénitude l'envahissent jusqu'à passer deux heures à absorber la vie trépidante d'un village (ou d'une petite ville), décalé encore par son perchage sur les hauteurs de ses
chemins.
Ou est ce la gravité qui lui pèse plus lourd dans ces vallées?
Pont de Montvert, commune historique de la révolte des Camisards, où fût assassiné l'abbé du Chayla le 24 Juillet 1702, persécuteur du peuple cévénol, et qui marqua le début d'une révolte qui
allait durer deux ans après l'éxécution de son donneur d'ordre, Esprit Séguier.
La commune juchée au confluent des vallées du Tarn, du Rieumalet et du Martinet, marque la frontière méridional et les changements climatiques du sud de la France. Bien que toujours à presque 1000
mètres d'altitude, la température a littéralement changé depuis la veille.
L'emblématique pont de Montvert sur le Tarn
Contact Mairie, gestionnaire du gîte : 04 66 45 80 10
tous commerces sur place
gestion du pré auprès de l'Hôtel des Cévennes